| Publié le 23 août 2018

7 conseils pour rebooster nos finances

7 conseils pour rebooster nos finances

11 min de lecture Pas d’argent pour les vacances, mais suffisamment pour aller prendre un café tous les jours ? En ce qui concerne notre porte-monnaie, nos choix sont souvent irrationnels. Sept conseils pour rebooster notre instinct financier.

« L’argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue. »  Il influe sur presque tous les aspects de notre vie. Le contenu de notre porte-monnaie détermine l’endroit où nous habitons, la façon dont nous aménageons nos loisirs, ce que nous mangeons et qui sont nos amis. Pourtant, nous ne gérons pas toujours notre argent de façon judicieuse. Dans leur nouveau livre, les experts américains en économie comportementale Dan Ariely et Jeff Kreisler expliquent la façon dont nous pouvons effectuer des choix plus intelligents : en améliorant notre instinct financier grâce à notre bon sens.

1. AVANT D’ACHETER QUELQUE CHOSE, RÉFLÉCHISSEZ AU TRAVAIL QUE CELA VOUS A COÛTÉ

Si vous deviez retenir une seule leçon de psychologie économique, c’est bien celle qui se rapporte aux coûts de renonciation. Ce terme désigne la valeur de ce que vous sacrifiez quand vous effectuez un achat. Autrement dit, quand vous dépensez de l’argent pour acheter un objet, vous ne pouvez pas en acheter un autre. Donc si vous dépensez tous les jours 3 euros pour un cappuccino, à la fin de l’année vous ne pourrez pas utiliser les plus de 1 000 euros dépensés pour partir en vacances. «Vous ne vous contentez pas de débourser ces 3 euros tous les jours, vous renoncez aussi aux autres possibilités que cet argent pourrait vous offrir, maintenant ou plus tard », expliquent Dan Ariely et Jeff Kreisler dans leur livre.

Le plus étrange est que nous ne le percevons pas ainsi. Quand nous sommes au café, nous nous concentrons sur le cappuccino que nous désirons boire et ne réfléchissons pas à toutes
les autres alternatives. « Ce mode de pensée est trop abstrait et trop complexe pour notre esprit, donc nous ne procédons pas ainsi », déclarent
les auteurs.

Pourtant, chaque fois que nous effectuons un achat, nous devrions essayer de nous rendre compte qu’à ce moment-là nous renonçons aussi à autre chose. Il existe une manière simple de rendre plus concrets ces coûts de renonciation si compliqués : avant d’acheter quelque chose, réfléchissez à combien d’heures vous devez travailler pour l’obtenir. Cette considération prend alors une forme plus concrète à vos yeux. Savourerez-vous toujours autant tous ces cappuccinos quand vous saurez que vous devez travailler plusieurs semaines par an pour
les obtenir ?

2. 100 EUROS SONT 100 EUROS

Imaginez que, dans une boutique de vêtements, vous voyez deux jeans similaires. L’un coûte 95 euros et l’autre 180 euros, mais il est soldé à 100 euros. Lequel allez-vous acheter ? Même si le pantalon en promotion est plus cher, c’est celui que la plupart des gens choisiront.

Selon Dan Ariely et Jeff Kreisler, cela vient du fait que notre cerveau a besoin d’un point de repère quand nous évaluons la valeur de quelque chose. Notre esprit aime à penser que l’ancien prix de 180 euros est révélateur de la valeur de ce pantalon, à savoir qu’il “vaut davantage” que les jeans coûtant à l’origine “seulement” 95 euros.

L’idée essentielle qui sous-tend chaque choix financier irrationnel est que nous attribuons trop de valeur à ce que nous désirons acheter, affirment les auteurs. Comme dans l’exemple de l’article soldé, alors que finalement l’important est, bien sûr, ce que nous devons régler
à la caisse.

Soyez conscient du fait que toutes les promotions ne sont pas source d’économies. Vous n’économisez donc pas 80 euros en achetant le pantalon soldé, mais dépensez justement 5 euros de plus pour l’achat d’un nouveau jean. À vous de voir si ce pantalon en vaut la peine.

3. N’AYEZ PAS PLUSIEURS CAGNOTTES

Vous avez reçu de l’argent pour votre anniversaire, mais vous devez payer votre facture d’électricité. Vous risquez fort de vous dire : « Non, je ne vais pas dépenser l’argent de mon anniversaire pour cette facture ! » Car dans votre tête, vous avez déjà mis cet argent dans la cagnotte destinée à vous offrir un joli cadeau et non pas dans celle dédiée aux dépenses ennuyeuses et obligatoires. Ce dont vous ne vous rendez pas compte, c’est que cette répartition est imaginaire. D’un point de vue purement pratique, il n’y a aucune raison de ne pas utiliser la cagnotte “anniversaire” pour régler une facture en retard.

Richard Thaler, économiste et lauréat du prix Nobel, a découvert que, dans leur tête, les gens tiennent une comptabilité comportant diverses cagnottes, par exemple pour les courses, les vacances et les économies pour plus tard. Cela s’appelle la comptabilité mentale.

Le problème est que notre comptable mental fait des choix souvent irrationnels. Comme dans notre tête l’argent est placé dans une certaine cagnotte, nous le dépensons pour
un objectif spécifique. Nous ne réfléchissons pas au fait qu’à ce moment-là nous pourrions peut-être mieux l’utiliser pour autre chose de plus urgent et qui a donc plus de valeur.

Comment s’armer contre ce type de raisonnement ? En dressant une seule liste de tout l’argent qui rentre et qui sort, affirment Dan Ariely et Jeff Kreisler. Ainsi, vous penserez moins
en termes de cagnottes et considérerez de façon plus objective les dépenses judicieuses à faire à ce moment-là.

4. NE PENSEZ PAS EN TERMES DE PRIX HONNÊTE

Le magasin devant lequel vous passez tous les jours vend des parapluies à 5 euros. Mais le jour où il pleut et que vous voulez en acheter un, le prix a augmenté et ils coûtent à présent 10 euros. Selon les règles de l’économie de marché, c’est absolument logique : il pleut, la demande de parapluies augmente et c’est pourquoi le prix s’envole.

Selon Dan Ariely et Jeff Kreisler, si nous le ressentons toutefois comme une injustice, c’est parce que dans notre esprit nous associons un prix honnête à l’effort. Le propriétaire du magasin n’a pas besoin d’en fournir davantage pour vendre un parapluie quand il pleut, et nous trouvons donc ridicule qu’il en augmente le prix.

C’est un raisonnement erroné, affirment Dan Ariely et Jeff Kreisler, car lorsqu’il pleut le service rendu est plus grand. Le parapluie nous permet d’arriver secs chez nous, ce qui lui confère une valeur supplémentaire ce jour-là.

5. SOYEZ CRITIQUE QUANT À VOS ATTENTES

Pourquoi sommes-nous si nombreux à dépenser une fortune pour le dernier iPhone, alors que nous ne l’avons jamais eu en main ? C’est une question d’attentes. Avec son ingénieuse machine à marketing, Apple sait à chaque fois surenchérir. Ainsi, nous, les consommateurs, sommes persuadés que ce téléphone est formidable. Même s’il faut payer le prix fort. Nous payons donc pour nos propres attentes, sans nous demander de façon critique si le produit y répond.

Ce qui est dangereux, c’est que ces attentes peuvent influer sur notre ressenti. Une expérience de Dan Ariely a ainsi montré que des participants évaluaient plus positivement des lunettes de soleil coûteuses : ils avaient vraiment l’impression que les lunettes de soleil d’une marque de luxe protégeaient mieux leurs yeux du soleil et affirmaient que des lunettes exactement similaires, mais d’une marque inconnue, leur faisaient soudain mal aux yeux.

Conclusion : quand nos attentes d’un produit sont élevées, nous l’apprécions davantage et sommes donc plus enclins à dépenser davantage pour l’obtenir. Quand nos attentes sont moindres, nous apprécions moins le produit et nous ne sommes alors pas disposés à débourser autant. Donc moins nos attentes en matière d’achats seront élevées, moins notre compte en banque diminuera.

6. NE SURESTIMEZ PAS VOS BIENS

Les personnes qui vendent leur maison ont tendance à la regarder à travers des lunettes roses. Cela vient d’un processus psychologique appelé l’effet de possession. Plus longtemps nous vivons dans un logement, plus nous l’avons adapté à nos souhaits et plus nous ressentons qu’il est “à nous”.

Ces investissements font que nous en surestimons la valeur objective.
Nous pouvons être extrêmement fiers de notre dressing luxueux, mais peut-être le propriétaire suivant préférera-t-il le transformer en chambre d’enfant.
Le risque inhérent à notre surestimation personnelle est que nous demanderons trop pour la maison, qui deviendra invendable.

Quand il est question d’argent, mieux vaut ne pas regarder en arrière, mais plutôt vers l’avenir : de quoi aurez-vous besoin plus tard, où voulez-vous vivre ? Concentrez-vous sur le fait que votre logement ne vous convient plus, et vous découvrirez probablement que déménager a davantage de valeur pour vous que votre ancienne maison que vous avez tant aimée.

7. NE VOUS FOCALISEZ PAS SUR LE PRIX

Cela peut paraître étrange pour un conseil financier, mais si vous voulez économiser de l’argent, il ne faut pas trop faire attention au prix. Imaginez que vous cherchiez un plombier et que quelqu’un vous offre ses services pour 10 euros de l’heure. Vous déclinerez vraisemblablement cette offre financièrement attrayante. Un plombier si bon marché doit certainement bâcler le travail.

Mais est-ce vraiment le cas ? Ne vaudrait-il mieux pas vous fier aux expériences que l’on vous a relatées et aux recommandations que l’on vous a faites, au lieu de vous focaliser sur
le prix ? En effet, conseillent Dan Ariely et Jeff Kreisler : mieux vaut prendre en compte la valeur que l’offre a pour vous. Mais cela reste compliqué pour notre esprit : par son exactitude, un prix donne l’impression de refléter une valeur, il offre un point de repère, et nous associons donc automatiquement la somme demandée à la qualité de l’offre. Restez donc vigilant quand vous êtes sur le point de réaliser un achat : réfléchissez à ce que l’offre vaut exactement pour vous et ne considérez le prix que comme un chiffre. //

Texte : Irene van den Berg //  Illustrations : Beatrix Boros

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