| Publié le 18 juillet 2019

Cinéma : Joel, une enfance en Patagonie

Cinéma : Joel, une enfance en Patagonie

3 min de lecture De l’enfant rêvé à l’enfant réalité : quand le lien maternel s’impose dans la tourmente.

Ici, au bout du monde, dans cette terre sauvage que l’on appelle aussi “Le grand sud”, quelque part du côté d’Ushuaïa, on connaît plus que nulle part ailleurs le sens du mot “foyer”. Parce qu’ils sont peu nombreux à vivre dans cette région isolée de l’Argentine, parce qu’il y fait souvent froid, parce que la nature y est hostile et indomptable, la famille s’impose comme un nid dans lequel il fait bon se blottir. Pour Cecilia et Diego, pourtant, l’oisillon manque à l’appel et ils ont appris, bon gré, mal gré, à vivre sans l’enfant qu’ils auraient tant aimé avoir ensemble. Mais la vie est pleine de surprises et sait parfois se moquer avec talent de la fatalité : ils apprennent un matin qu’un jeune garçon, Joel, les attend pour être adopté. L’annonce de cette nouvelle fait résonner au cœur du couple mille et une questions. Ont-ils encore l’envie et le courage ? Vont-ils être à la hauteur de cette responsabilité soudaine ? Comment en une semaine se préparer quand la nature offre traditionnellement neuf mois pour ce faire ? Mais le désir de parentalité va balayer toutes leurs angoisses et Joel va arriver dans leur vie.

Avec son air de chaton sauvage, ses grands yeux tristes dans lesquels on peut lire une enfance tourmentée et cette façon qu’il a de se tenir loin de ses semblables, comme soucieux de ne surtout pas trop s’approcher d’un lien affectif qu’il pourrait aussitôt perdre, Joel n’est pas tout à fait l’enfant qu’ils avaient imaginé. Déjà grand (8 ans), porteur d’un roman familial compliqué, peu éduqué, le gamin a du mal à trouver ses repères. Attentionnés dans chacun de leurs gestes, maladroits et touchants dans leur volonté de “bien faire”, Cecilia et Diego sont convaincus que c’est l’école qui pourra aider Joel à se sentir chez lui dans cette nouvelle vie.

Mais les choses ne vont pas être si simples, et quand Joel, pour exister aux yeux de tous ces autres, va s’inventer un passé rocambolesque et glorieux, mélange de fantasmes d’enfant et d’histoires sordides peut-être bien réelles, c’est la communauté tout entière qui va crier au loup !

Il n’en faudra pas plus à Cecilia pour sortir les griffes et défendre son rejeton qui n’est pas la chair de sa chair mais qu’elle aime déjà plus que tout.

Comme un hommage à toutes les familles recomposées et un appel pour l’acceptation de l’autre avec ses fêlures et son histoire, Joel, une enfance en Patagonie est un film rayonnant de tendresse.

Joel, une enfance en Patagonie, un film de Carlos Sorin, Argentine, 1 h 39, avec Victoria Almeida, Diego Gentile, Joel Noguera – sortie le 10 juillet.

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