| Publié le 15 mars 2021

En quête de repères

En quête de repères

4 min de lecture Mieux vaut nous y faire : cette longue période d'incertitude est loin d'être terminée. Plutôt que de nous épuiser en cherchant à contrôler le cours des événements, nous gagnerions à accepter cette situation...

Le monde que nous connaissions est sens dessus dessous. Et nous ne voyons pas encore le bout du tunnel. Nos projets, nos rêves, nos activités : tout est en pause depuis un an, et il est impossible de savoir combien de temps durera cette situation. En conséquence, dans toutes sortes de domaines plus ou moins importants, nous demeurons dans l’incertitude.

Rien ne permet de dire si, d’ici trois mois, vous pourrez partir en week-end à Berlin. Ni, à plus forte raison, de savoir à quoi ressemblera notre société dans trois ans. Il a toujours été difficile de prédire le futur, mais jamais, au cours de nos vies, nous n’avions connu un tel degré d’incertitude, à autant d’égards, et à l’échelle mondiale. Nous devons vivre avec une menace imminente – « Et si, sans le savoir, j’avais contaminé ma mère ? Et si je devais perdre mon emploi ? » – mais nous éprouvons également un sentiment d’insatisfaction persistant. Nous venons de prendre brutalement conscience de la manière dont la nature, sous la forme d’un virus microscopique, peut chambouler nos vies. Nous constatons également les faiblesses notre système.

Il nous semble logique de chercher à prendre le contrôle lors des périodes d’incertitude. Or, cette stratégie renforce nos peurs, et les pérennise. C’est d’ailleurs ce qu’enseignent depuis plusieurs siècles certaines philosophies orientales, comme le taoïsme. Des études scientifiques ont amené la psychologie occidentale à des conclusions similaires. Notre sentiment d’insécurité est fortement corrélé à notre volonté de contrôler, notamment au niveau mental. À première vue, il peut sembler utile de refaire sans cesse les mêmes calculs, ou de chercher à élaborer des scénarios pour le futur. Cependant, ces activités ne font qu’attiser notre sentiment d’insécurité. De la même manière, installer quatre verrous sur notre porte d’entrée n’a rien de rassurant : une telle solution suggère un danger imminent, et notre esprit intégrera cette idée angoissante.

Or, c’est précisément en refusant de céder à ce besoin de contrôle et en acceptant qu’il est impossible de prédire le futur que l’on parvient à dompter le sentiment d’insécurité. Un peu comme si l’on cessait de se débattre dans l’eau, pour constater ensuite que l’on continue à flotter.

La période d’incertitude que nous traversons actuellement représente sans aucun doute un défi psychologique majeur. Cependant, c’est une erreur de croire que tout ira mal parce que, pendant quelque temps, il nous est plus difficile de prédire le futur. Dans un tel raisonnement, nous surestimons le rôle que jouent ces planifications, ces tentatives de prédiction, vis-à-vis de notre bonheur. Car tous les changements qui surviennent (perdre votre emploi actuel, devoir remettre un grand rêve à plus tard…) comportent également leur lot de chances à saisir, de rêves, de rencontres ou de découvertes à votre propre sujet. Ce n’est donc pas l’incertitude proprement dite que nous devons surmonter, en nous livrant à de savants calculs – censés évaluer les risques – ou en échafaudant quatre ou cinq plans d’action distincts. Surmontons plutôt la peur que nous inspire ladite incertitude. – ARTICLE COMPLET DANS NOTRE DERNIER NUMÉRO ACTUELLEMENT EN KIOSQUE –

Texte : Roos van Hennekeler // Illustration : Liza Rusalskaya

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