| Publié le 16 octobre 2019

Faire équipe pour gagner

Faire équipe pour gagner

3 min de lecture À bien regarder les matchs de la Coupe du monde de football féminin, j’ai été frappée par la fluidité du travail d’équipe de ces femmes. Leur coopération semblait plus organique que tactique et j’ai cherché quelles leçons en retenir pour nos défis quotidiens.

Les travaux du chercheur en neurosciences Alex Korb 1 m’ont fourni une réponse. La première alliance est en priorité à sceller avec nous-mêmes. Spécialiste de la dépression et surtout de sa guérison, il nous rappelle trois choses : que la vue du soleil, même par la fenêtre d’une chambre d’hôpital, augmente notre tolérance à la douleur ; que la souffrance est plus facile à supporter lorsqu’on tient la main d’une personne qu’on aime ; et que, oui, pédaler sur un vélo d’intérieur produit de la sérotonine libératrice de nos tourments.

Lorsque nous peinons face à des obstacles intérieurs ou extérieurs, nous rêvons de solutions high-tech ou chimiques pour nous rebooster. Pourtant, quelques petites actions, interactions, pensées ou modifications de notre environnement peuvent suffire à “reformater” notre cerveau. Car notre esprit habite un corps à faire bouger, évolue dans une communauté à laquelle nous relier et un environnement dans lequel nous engager. Et que se tenir la main ou mettre le nez au soleil n’est que le début, même sur un stade.

Pour aller plus loin, soyons surtout attentifs au dialogue intérieur qui nous habite, capitaine de la spirale qui suivra. Quand nous sommes tristes, par exemple, nous validons ce que nous ressentons et nous prouvons que nous avons raison de l’être, au lieu nous demander si cette pensée nous rend service. Et en effet, certaines choses sont vraies : une maladie est réelle et le fait que nous allons tous mourir un jour incontestable. Mais trop y penser n’augmentera pas notre bien-être. Et puis une pensée n’est pas à prendre pour argent comptant. C’est avant tout une possibilité ou une suggestion, non un oracle.
Elle émane fréquemment de notre système limbique, méfiant et aux aguets par nature.
Nous ne devrions accepter l’angoisse qu’après un examen de la pensée par le département “contrôle qualité” du cerveau, le cortex préfrontal.

Il est donc possible et recommandé de faire équipe avec nous-mêmes avec un peu d’organisation et le choix d’un maillot qui nous plaît. Alors la victoire sur nos ténèbres, comme une Coupe du monde, pourra être remportée. //

1 Département psychiatrie de l’UCLA.
Auteur de The Upward Spiral Notebook, Ed. New Harbinger, 2019.

Florence Servan-Schreiber est fondatrice de la première académie de psychologie positive en ligne : 3kifsacademie.com
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