| Publié le 19 avril 2019

Florence Servan-Schreiber : « Action ! le remède aux émotions »

Florence Servan-Schreiber : « Action ! le remède aux émotions »

3 min de lecture C’est qui le patron ? Prenons les situations décevantes et récurrentes de nos vies. Difficulté de s’y mettre, procrastination, timidité, doutes, sensation d’imposture, peur du ridicule, d’être illégitime, etc.

Celles pour lesquelles nous sommes si rapides à nous dire : « Je suis comme ça », « Je ne sais pas », « Je ne peux pas… » Dans ces moments-là, nous laissons la direction de nos opérations à la division émotions de nos personnalités. Émotions que nous aimerions du reste tellement changer.

Mais voilà, penser le changement est aussi inefficace que de ne rien faire du tout. Amy Alkon, auteure de Unf*ckology : a field guide to living with guts and confidence (St. Martin’s Griffin, 2018), croise les études en neurosciences et en psychologie comportementale pour nous proposer des chemins de progrès. Elle a pu en déduire que face aux manquements que nous nous attribuons, la meilleure stratégie reste d’agir.

Par exemple : la peur peut être à la fois notre problème et notre solution. Le tout est de l’admettre. Car si elle nous freine, nous pouvons faire deux choses très concrètes. La première consiste à repérer quelqu’un dans notre entourage dont nous admirons le courage ou le naturel, dans une situation similaire. Comme une copine toujours à l’aise en société. Et à nous demander : comment s’y prendrait-elle ? Que dirait-elle en pareille occasion ? Puis à jouer à être cette personne qui justement n’a pas la peur qui nous habite.

La seconde est de décaler notre discours intérieur en nous parlant à la deuxième personne. Remplacer :
« Je vais renvoyer mon plat car il est froid » par : « Tu vas renvoyer ton plat parce qu’il est froid. » L’action a pris le pas sur l’émotion et nous permet alors de mesurer à quel point l’inquiétude qui nous habitait était infondée.

Y a-t-il un risque à faire semblant ? Très peu, car ce qui nous permet de rester nous-mêmes, c’est d’être fidèles à nos valeurs. C’est ainsi que s’exprime le courage. Entre se dire que l’on veut le bien autour de soi pour être une bonne personne et tendre la main à quelqu’un pour l’aider, au risque de se faire rembarrer, seule la seconde situation manifeste notre courage et renforce notre estime de soi. Celle-ci ne consiste pas à s’aimer au-delà de tout, mais simplement à ne pas se dévaluer jusqu’à en arriver à se cacher.

En résumé, lorsque quelque chose ne va pas, n’attendons pas que cela aille mieux pour faire ce que nous aimons, c’est précisément de nous y mettre qui nous permettra de mieux nous sentir. Car le vrai patron, c’est l’action. //

Florence Servan-Schreiber est coauteure et interprète de La Fabrique à Kifs, actuellement en tournée dans toute la France. www.florenceservanschreiber.com
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