| Publié le 23 mars 2019

Ilona Boniwell : « Qu’est-ce que le Brexit et la psychologie positive ont en commun ? »

Ilona Boniwell : « Qu’est-ce que le Brexit et la psychologie positive ont en commun ? »

3 min de lecture À l’heure où j’écris cet article, nous ne savons toujours pas si nous ferons face à un Brexit “dur” ou “doux”. Ayant vécu quinze ans en Angleterre, même deux ans après, cette nouvelle éveille en moi beaucoup d’émotions, pas positives malheureusement.

Cette décision a non seulement plongé l’économie britannique dans la tourmente, mais a également d’importants effets négatifs sur la cohésion sociale et menace le cadre sécuritaire du Royaume-Uni et de l’Europe. Que peuvent donc avoir en commun le Brexit et la psychologie positive ? La psychologie positive, ce n’est pas seulement essayer de se sentir bien, c’est aussi étudier comment les gens se sentent et établir des relations de causalité entre les expériences et les événements.

Il semble évident que le bien-être humain est important et qu’un pays bien placé sur le plan émotionnel est un endroit où il fait bon vivre.

Ce que l’on sait moins, c’est qu’un déclin national du bien-être individuel peut être corrélé à de profonds bouleversements sociaux. Les conclusions du rapport Gallup 2017 sur les émotions mondiales ont montré que les sentiments de “bonheur” ou de “prospérité” au Royaume-Uni ont été en forte baisse au cours des deux années qui ont précédé le vote sur le Brexit.

Selon le rapport, « la baisse du nombre de personnes qui jugent leur vie suffisamment positive pour être considérée comme épanouissante était si dramatique qu’elle reste l’une des plus fortes baisses dans l’histoire du Gallup ». Cette analyse peut être comparée aux baisses des indicateurs de “satisfaction de vie” en Égypte, en Syrie, en Tunisie et au Bahreïn dans les années précédant les soulèvements des “printemps arabes” en 2011 et également de la révolution de 2014 en Ukraine.

Le rapport Gallup 2018 sur les émotions mondiales, publié récemment, montre que les émotions au niveau mondial ont pris un tournant négatif en 2017. En effet, les scores d’émotions négatives sont les plus élevés de l’histoire, ce qui indique que « le monde est aujourd’hui plus stressé, inquiet, triste et en souffrance qu’il ne l’a jamais été ».

Ce que nous mesurons compte. Cependant, les politiques publiques et économiques continuent à être façonnées par le discours de croissance tel que défini par les mesures du produit intérieur brut (PIB). La psychologie positive nous incite à mesurer le bien-être humain, car ce type de données permet d’expliquer les événements de la société et constitue un appel indispensable à l’action. //

Ilona Boniwell, docteure en psychologie, dirige Positran, organisme de formation en psychologie positive au travail. Elle est professeure associée à École CentraleSupélec et à l’université Anglia Ruskin de Cambridge où elle est responsable du Master international de psychologie positive appliquée (MAPP). Elle est notamment l’auteure des Cartes de transformation positive (Positran, 2018).
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