| Publié le 27 août 2018

Interview Aurélia Schneider : « Dans un monde idéal, il faudrait que chaque partenaire ait touché à tout »

Interview Aurélia Schneider : « Dans un monde idéal, il faudrait que chaque partenaire ait touché à tout »

4 min de lecture Dans La Charge mentale des femmes… et celle des hommes, le Dr Aurélia Schneider nous aide à prévenir ce problème, courant bien avant sa médiatisation actuelle, à l’identifier et à nous en saisir notamment pour renforcer notre couple.

Qu’est-ce que la charge mentale ?

C’est une notion initialement proposée par la sociologie. Elle désigne ce que l’on vit lorsque l’on est occupé dans un endroit et que l’on doit en même temps penser et gérer ce qui se passe ailleurs. Ce n’est donc pas seulement faire le ménage en rentrant chez soi  : ça, c’est la double journée. La charge mentale impose un double problème de lieu et de temps. C’est finalement l’exact opposé que d’être dans l’ici et maintenant. Être dans l’ici et maintenant est un véritable luxe car vous pouvez vous concentrer sur ce que vous faites en laissant défiler l’autoroute de pensées qui vous traverse et en vous recentrant sur l’instant présent. Alors que la charge mentale, c’est vous dire : « Il faut absolument que je suive cette pensée parce que sinon je vais oublier d’acheter l’eau de Javel sur le trajet entre le travail et la maison. Et du coup je ne pourrai pas faire mon ménage en rentrant, etc. » Vous vous retrouvez ainsi dans l’impossibilité de faire une action de A à Z sans qu’il y ait des irruptions qui viennent vous encombrer. Alors que vous auriez besoin que votre esprit soit entièrement disponible et à ce que vous faites.

Comment éviter que la charge mentale fasse dysfonctionner le couple ?

Dans un monde idéal, il faudrait que chaque partenaire ait touché à tout, de l’accompagnement des enfants à l’entretien de la maison en passant par la cuisine, le contrôle technique
de la voiture… Cela permettrait à chacun de choisir au mieux les tâches dont il s’acquitte et d’être reconnaissant envers son/sa partenaire pour celles qu’il/elle fait car il/elle saura ce que cela représente en temps, en implication, en précautions. C’est ce que font les Norvégiens en réservant dix semaines de congé aux pères. Avec cette durée, vous n’échappez pas à certaines corvées auxquelles vous pourriez échapper pendant onze jours. Sur une durée si courte, ça ne marche pas ! Par contre, si vous ne faites pas le ménage pendant dix semaines, vous allez avoir des moutons tels que vous ne pourrez pas les laisser passer.

Comment faire évoluer une situation de charge mentale dans un couple, très souvent en défaveur de la femme ?

Notamment en prenant conscience du véritable bénéfice qu’il y a à la partager ; c’est nourrir le sentiment d’assistance mutuelle, qui est l’un des piliers du couple : le fait de savoir que votre conjoint va vous soutenir si vous en avez besoin. Ce sentiment-là est très fort, c’est un ciment de la relation. L’erreur, c’est de ne l’associer qu’à des événements exceptionnels, tels qu’un deuil ou une maladie. Nous aurions tout intérêt à le généraliser au quotidien. Si on le renforce aussi à travers la répartition de la charge mentale, on mutualise les compétences et le soulagement, tout en s’organisant dans le partage. Loin de diviser, ce serait se rapprocher. C’est regrettable d’attendre des drames pour nous assister mutuellement. //

Texte : Laure Lavielle

 

 

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