La colère selon Camille

La colère selon Camille

Je suis en colère contre plein de choses. Après, l’important avec la colère, c’est de la transmuter.

L’exprimer, la considérer, l’identifier et puis la transformer. La joie, c’est le signe qu’on est arrivé, la colère celui qu’on est au départ. Le bébé qui vient de naître est en colère, il se demande ce qui se passe, pourquoi il a atterri ici alors qu’il était bien dans le ventre de sa mère… On commence par ça. La colère, c’est un luxe, cela veut dire qu’on a encore le luxe de l’émotion. Quand on est vraiment dans la survie par exemple, on n’a pas le temps d’être en colère, on avance. Être en colère et pouvoir la transformer, c’est déjà bien. La colère est souvent liée à la tristesse, d’ailleurs. La colère est énergique, va vers l’extérieur, pousse à l’action.

La tristesse, elle, est plus introspective. Ce qui me rend le plus en colère, c’est l’immobilisme et le fait que chacun puisse se targuer d’être impuissant.

Je ne pense pas que nous soyons impuissants, je pense qu’on peut toujours dénouer les conflits, dire les choses… qu’il y a des solutions, des dénouements possibles. Même si c’est pour dire non, on peut toujours regarder quelqu’un ; quand bien même c’est pour renvoyer les gens chez eux, il y a toujours des manières de faire.

Si on doit couper un arbre, eh bien on peut toujours faire une petite prière. Si on n’a pas le temps, on peut toujours avoir une petite attention. Mais bon ! chacun fait ce qu’il peut. //

Interview « 10 Questions 10 Émotions » à retrouver dans notre numéro 17 (janvier-février 2018).

Photo © Patrick Messina

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