La joie selon Rose

La joie selon Rose

La joie a une place particulière parce que je l’ai longtemps cherchée. J’ai eu l’impression que c’était quelque chose qu’il fallait trouver, qu’il fallait se forcer à avoir parce que j’étais quelqu’un de très mélancolique, une adolescente un peu mal dans sa peau. J’avais le sentiment de ne jamais avoir ressenti de joie profonde. Quand on ne sait pas ce que c’est, on a l’impression qu’on ne l’a jamais ressentie.

Mais soudainement, le jour où on la ressent, on se dit : « Ah ! C’était ça. Je connaissais en fait ! » J’ai ressenti la première joie profonde et mes premiers pleurs de joie quand on m’a mis mon fils dans mes bras. C’était quelque chose de tellement fort et violent qu’après, ça s’est inscrit en moi, et que plein de choses dans ma vie se sont mises à faire écho à cette émotion-là. À certains moments, j’ai revécu cette émotion en créant des chansons.

La création pure est très proche pour moi de la naissance de mon fils. C’est-à-dire qu’à partir de rien, je fais quelque chose, je ressens cette joie profonde d’avoir créé quelque chose de moi-même, qui n’existait pas avant. Quand je finis une chanson, c’est comme de la magie, c’est comme si on m’avait envoyé quelque chose du ciel. C’est quelque chose de très vertical, ça vient et ça me tombe dessus. Comme un miracle. J’ai l’impression d’avoir une bonne étoile dans ces cas-là. J’ai de bonnes étoiles sur terre, mais aussi dans le ciel depuis que mon grand-père est parti. Ça fait dix ans et il ne m’arrive que de bonnes choses, j’ai l’impression qu’il guide ma vie.

Avant, j’avais l’impression que la joie, c’était le rire. Aujourd’hui, la joie est quelque chose de très puissant. Je n’ai jamais cessé de rire, je passe beaucoup de temps à rire avec mes amis, mais je n’ai pas assimilé ça à la joie. La joie est arrivée pour moi à 33 ans.

Photo : Emma Picq

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