| Publié le 22 janvier 2020

Ô temps ! Suspends ton vol

Ô temps ! Suspends ton vol

3 min de lecture Le temps est au centre de nos préoccupations. Nous le dépensons, le gaspillons, nous n’en avons jamais assez. On parle même de “famine du temps”. Nous sommes 34 % à nous sentir pressés par le temps en permanence, 61 % à n’avoir jamais de temps libre et 40 % à dire que le temps est un problème plus important que l’argent. Le temps a la fâcheuse habitude de nous glisser entre les doigts, nous donnant le sentiment d’être impuissants face à lui.

Nous ne sommes pas seulement débordés au travail, mais aussi à la maison, sur le terrain de golf ou en vacances. Et ce n’est pas parce que nous travaillons plus qu’avant : les recherches montrent même que le nombre d’heures de travail a baissé depuis les années 1960 ! 

Plusieurs raisons expliquent ce sentiment de “pauvreté du temps” :

• Nous avons tendance à accumuler tellement d’activités que nous nous sentons souvent épuisés et malheureux.

• Nous pensons qu’être débordé est normal.

• Nous nous noyons dans le trop – trop de messages, trop de posts sur les réseaux sociaux…

• Pour la majorité d’entre nous, réaliser plusieurs tâches en même temps est épuisant.

• Le numérique occupe désormais 60 % de nos loisirs.

Comment retrouver un équilibre dans notre temps ? Comment faire en sorte qu’il contribue à notre bien-être ? Les recherches en psychologie sur l’utilisation du temps donnent des éléments de réponse.

1• Il n’est pas nécessaire de nous précipiter sur les outils de gestion du temps tels que les agendas, les listes…
Ce sont précisément ces outils-là qui sont rapidement abandonnés.

2• Il est important de nous engager dans des activités que nous aimons faire, ou de vraiment savoir POURQUOI nous faisons des choses qui nous plaisent moins.

3• Équilibrer notre temps ne signifie pas allouer autant ou plus de temps aux loisirs qu’au travail. L’équilibre est très subjectif et varie fortement entre les individus. Quand pour certains consacrer une heure par semaine aux loisirs est suffisant, pour d’autres, une heure par jour n’est pas assez. Ce qui est important, c’est de dégager du temps pour soi-même régulièrement.

4• Nous devons retrouver notre temps de loisir, le vrai, pas le virtuel. Vous savez que vous avez passé un bon moment de loisir quand vous pouvez en parler comme quelque chose qui a du sens ; une promenade en forêt ou une rencontre sont de bons exemples.

Le temps peut être source de souffrance, il peut être assimilé à l’efficacité, mais il peut également être source de plaisir et devenir alors la mesure d’une vie bien vécue. C’est cela, la richesse du temps.

Ilona Boniwell, professeure en psychologie, dirige Positran, organisme de formation en psychologie positive, et enseigne à l’École CentraleSupélec, à HEC et à l’université Anglia Ruskin de Cambridge où elle est responsable du Master International de Psychologie Positive Appliquée (MAPP). Elle est auteure des Cartes des Forces (Positran, 2014), de l’appli Cartes des Forces (Positran, 2019) et des Cartes des Défis et Objectifs Positifs (Positran, 2019).

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