| Publié le 6 février 2019

Plutôt rat des villes ou rat des champs ?

Plutôt rat des villes ou rat des champs ?

8 min de lecture Entre la ville et la campagne, leur cœur balance – certaines personnes passent leur vie à se demander si elles sont plutôt urbaines ou rurales. C’est votre cas ? Posez-vous les cinq questions suivantes, et vous aurez enfin la réponse.

1 Qu’est-ce qui correspond le plus à ma personnalité ?

Selon une étude publiée par CSA Research en juin 2015, 65 % des Français préféreraient vivre à la campagne, contre 35 % qui préféreraient vivre en ville. La grande ville reste un lieu de vie idéal pour certaines personnes : « Celles qui n’aiment pas suivre les règles ou qui ne respectent pas les normes, affirme Ruut Veenhoven,  chercheur spécialiste du bonheur. Les artistes excentriques ou les personnes qui appartiennent à une minorité se sentiront plus vite mis à l’écart dans une ville de province ou à la campagne que dans une grande ville. » D’après le sociologue américain Richard Florida, tout dépend de la personnalité ou du type d’environnement dans lequel on est le plus propice à s’épanouir. Il a demandé à plusieurs centaines de personnes de remplir un questionnaire en ligne sur leur personnalité dans lequel elles devaient préciser leur lieu d’habitation. Conclusion ? Les gens qui obtiennent un score élevé pour le trait de personnalité “ouvert aux nouvelles expériences” vivent plus souvent en ville. Quant à ceux qui obtiennent un score plus élevé pour le trait “consciencieux et aimable”, ils sont généralement moins aventureux et accordent plus d’importance à leur famille. Si leur famille habite à la campagne, ils préfèrent aussi y rester. Il faut aussi garder en tête qu’une grande maison à la campagne n’est pas forcément synonyme de bonheur.

C’est la conclusion d’une étude anglaise portant sur des gens ayant déménagé dans un domicile plus grand : leur bien-être augmentait, mais de manière éphémère. Au bout d’un an, leur sentiment de bonheur était revenu au même niveau qu’avant : c’est ce qu’on appelle l’adaptation hédonique, c’est-à-dire la tendance à s’habituer aux changements positifs.

2 Dans quelle mesure ai-je besoin de nature ?

La nature fait du bien à tout le monde, comme le rappelle Agnes van den Berg, psychologue environnementaliste. D’après elle, l’espace dont on dispose chez soi ne suffit pas. Il faut aussi prendre en compte l’environnement autour de son domicile : « Nous avons tendance à baser notre choix sur la belle cuisine ou la salle de bains spacieuse. Alors que la nature environnante aura une plus grande influence sur notre bien-être, à long terme. » C’est aussi la conclusion tirée par des chercheurs néerlandais : les gens qui sont entourés de nature résistent mieux au stress et ont moins de troubles psychiques. Alors, faut-il quitter la ville pour vivre en toute sérénité ? Pas forcément, explique la psychologue : « Nous savons que même les courts moments passés dans la nature sont très bénéfiques. Les études qui mesurent l’influence de la nature sur le niveau de bonheur ont montré que l’effet maximal est déjà atteint au bout de cinq minutes. Il suffit donc d’une petite promenade dans un parc – sur le chemin de l’école, par exemple – pour être heureux. » Un quartier arboré, quelques jardinières au balcon ou un beau parc à proximité suffisent donc à obtenir toute la “vitamine N” nécessaire. À noter : ceux qui souffrent de troubles psychiques vivent plus souvent en ville, mais en réalité ce sont eux qui gagneraient le plus à vivre à la campagne (voir question 3),  où « ils pourraient vraiment tirer profit des effets relaxants de la nature ».

3  Quel environnement convient le mieux à mon enfant ?

Les gens sont souvent parfaitement heureux en ville jusqu’à la naissance de leur premier enfant. Et là, tout à coup, le bruit, la pollution et l’absence de nature deviennent insupportables et ils se mettent à rêver de verdure et de calme. L’environnement dans lequel nous grandissons joue en effet sur notre développement. Les conclusions de deux études vont dans le même sens. La première a été menée en 2011 à l’université de Heidelberg, en Allemagne. Les chercheurs ont pratiqué des scanners cérébraux sur des gens vivant en ville ou dans un village, tout en leur demandant de faire du calcul mental complexe. Chez les citadins, l’amygdale, qui fait partie du circuit de la peur, était plus active que chez les villageois. Quant aux participants ayant grandi en ville, leur gyrus cingulaire – sorte de signal d’alarme – était aussi plus actif. Pourquoi ? Parce qu’un enfant qui vit en ville n’a pas droit à l’erreur. S’il se laisse distraire ou s’il part en courant, son parent le rappelle violemment à l’ordre, terrifié à l’idée qu’il se fasse renverser par une voiture. Progressivement, son cerveau devient plus sensible au stress. La deuxième étude a quant à elle souligné l’importance d’un contact régulier avec la nature pour le bien-être des enfants, et le lien avéré entre l’absence d’environnement naturel et le développement de troubles psychiques. Ce qui ne veut pas dire pour autant que les enfants doivent absolument vivre en milieu rural pour être heureux. Car la ville a aussi beaucoup à leur offrir – activités culturelles, vie sociale, écoles parfois plus adaptées. Sans oublier que même les petits citadins peuvent passer du temps dans la nature – tant que leurs parents en font une priorité. La psychologue ajoute : « Toutes les villes ont de beaux parcs, des bois à proximité, ou des aires de jeux naturelles, où les enfants peuvent jouer dans la boue et ramasser les feuilles des arbres. Le plus important ? Que les parents lâchent les rênes et laissent à leurs enfants la possibilité de faire leurs propres découvertes. Même dans un coin de verdure derrière leur immeuble. »

4 Suis-je prêt à faire de longs trajets tous les jours ?

Une raison d’éviter de se mettre au vert ? Les longs trajets quotidiens pour le travail, qui affectent le bonheur. L’année dernière, le chercheur Ruut Veenhoven a analysé un questionnaire rempli par cinq mille personnes sur leurs trajets entre domicile et lieu de travail et leur état d’esprit durant ces voyages. Le résultat : les voyages qui durent plus d’une heure affectent fortement la bonne humeur des gens. « Quand on utilise les transports en commun, les trajets longs sont particulièrement néfastes, alors qu’un trajet à vélo d’au moins une demi-heure semble au contraire rendre plus heureux – probablement parce que c’est une forme d’exercice, et que le sport est bon pour le moral. » 

5 Suis-je prêt à me faire de nouveaux amis ?

Les gens qui voient régulièrement leur famille sont généralement plus heureux – voici la conclusion d’une étude néerlandaise publiée en 2011 : 87 % des gens qui voient leur famille une fois par mois ou une fois par semaine se considèrent comme heureux. Et c’est pareil pour les amis. La raison principale ? Voir ses proches donne un sentiment d’appartenance. Mieux vaut donc en tenir compte si l’on décide de déménager. Ruut Veenhoven a un conseil simple pour ceux qui choisissent de vivre loin de leurs amis ou de leur famille : « Pour assurer votre bonheur, investissez-vous dans le développement de nouvelles amitiés. » //

Texte : Mensje Melchior // Photo : Getty

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