Psychologie

Mythomanie : quand le mensonge devient une seconde nature

La vérité est souvent difficile à démêler, et il existe des individus pour qui le mensonge est un mode de vie. Ces personnes, appelées mythomanes, souffrent d’une pathologie qui les pousse à mentir de manière compulsive et persistante. La mythomanie est ainsi un trouble complexe qui peut affecter aussi bien la vie quotidienne que les relations sociales et professionnelles.

En bref

  • Les mythomanes affabulent constamment, créant des histoires où ils tiennent toujours un rôle valorisant.
  • La mythomanie est décrite comme une maladie grave qui empêche ses victimes de distinguer la réalité de leurs mensonges.
  • Ce comportement a été nommé et défini pour la première fois par le psychiatre français Ernest Dupré en 1905.
  • Les mythomanes peuvent inventer des vies dramatiques ou exceptionnelles pour impressionner les autres.
  • Ils ont souvent un besoin irrépressible de mentir pour exister et sont décrits comme des personnes insaisissables et inquiétantes.
  • Le terme mythomanie est parfois utilisé incorrectement pour désigner des personnes qui se vantent ou qui inventent des malheurs pour susciter de la pitié.
  • Les psychothérapies traditionnelles peinent à traiter efficacement la mythomanie, car les patients ne sont souvent pas demandeurs de ces traitements.

Le profil du mythomane : entre réalité et fiction

Le mythomane est un individu dont la frontière entre réalité et fiction est particulièrement poreuse. Dans son esprit, les mensonges qu’il élabore prennent souvent des proportions gigantesques et finissent par s’inscrire comme des vérités absolues. Il est capable de créer un univers parallèle dans lequel il est le héros, avec des exploits et des histoires extraordinaires à raconter.

Le besoin de reconnaissance est généralement au cœur de cette pathologie. Le mythomane cherche constamment à impressionner son entourage et à se mettre en avant. Il peut inventer des diplômes, des antécédents professionnels impressionnants ou encore prétendre être lié à des personnalités importantes.

Analyse des motivations profondes du mythomane

Plusieurs théories ont été avancées pour expliquer la mythomanie, mais elles reviennent toutes à un point essentiel : le désir de combler un vide, de pallier à une carence affective ou sociale. L’individu mythomane se crée ainsi une identité fictive dans laquelle il trouve refuge et où il se sent plus épanoui.

Par ailleurs, le mythomane peut trouver une certaine satisfaction narcissique dans l’exercice de son art du mensonge : la manipulation des autres et le contrôle qu’il exerce sur eux lui procurent un sentiment d’omnipotence et de supériorité.

Le diagnostic de la mythomanie : une tâche difficile

Diagnostiquer la mythomanie chez un individu n’est pas chose aisée, étant donné que les mythomanes sont par nature des manipulateurs hors pair. Ils sont capables de brouiller les pistes et de déjouer même les enquêtes les plus rigoureuses pour protéger leur vérité alternative.

Néanmoins, certains indices peuvent mettre la puce à l’oreille et orienter vers un diagnostic de mythomanie. Par exemple, des incohérences flagrantes entre les dires de l’individu et les faits vérifiables, des récits trop extraordinaires pour être vrais ou encore un besoin compulsif de raconter des histoires.

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L’importance de l’évaluation psychologique

L’évaluation psychologique est primordiale pour déterminer si un individu souffre de mythomanie. Les entretiens avec un psychologue ou un psychiatre permettent de cerner la personnalité de la personne, d’évaluer la fréquence et la gravité de ses mensonges, ainsi que son degré de conscience ou de déni de sa maladie.

La mythomanie est parfois liée à d’autres troubles psychiatriques, tels que la personnalité narcissique ou histrionique, ce qui rend le diagnostic encore plus complexe. Dans certains cas, le dépistage de ces pathologies associées peut aider à mettre en lumière l’éventuelle présence d’une mythomanie sous-jacente.

Les conséquences de la mythomanie : relations sociales et professionnelles en péril

Le mensonge compulsif du mythomane peut considérablement perturber son quotidien et ses rapports avec autrui. Les relations amicales et amoureuses sont souvent les premières victimes de cette pathologie, car la confiance est un pilier essentiel dans ces échanges. Les proches finissent généralement par se rendre compte des mensonges et peuvent s’en éloigner, laissant le mythomane seul et isolé.

Du côté professionnel, la mythomanie peut également causer de sérieux problèmes. Un employeur qui découvre que son collaborateur a falsifié son CV, inventé des expériences ou menti quant à ses compétences peut décider de rompre le contrat de travail, avec toutes les conséquences que cela implique pour l’individu concerné.

Les risques juridiques encourus par le mythomane

Outre les conséquences personnelles et professionnelles, la mythomanie peut également entraîner des problèmes juridiques. En effet, selon la nature et l’ampleur des mensonges, le mythomane peut être poursuivi pour fraude, usurpation d’identité ou encore escroquerie. De tels démêlés avec la justice peuvent avoir des conséquences dévastatrices sur la vie du mythomane, tant sur le plan personnel que professionnel.

Le traitement de la mythomanie : vers une prise en charge adaptée

Il n’existe pas de traitement spécifique à la mythomanie, mais certaines approches thérapeutiques peuvent aider l’individu souffrant de ce trouble à mieux gérer ses pulsions mensongères et à travailler sur les aspects de sa personnalité qui favorisent la désinhibition face au mensonge.

La psychothérapie comme support

La psychothérapie est souvent préconisée pour traiter la mythomanie. Elle permet au patient de prendre conscience de son trouble, d’identifier les facteurs déclenchant ses mensonges et de développer des techniques pour les contrôler. Les thérapies cognitivo-comportementales semblent particulièrement indiquées dans ce cadre, car elles se centrent sur la modification des schémas de pensée et des comportements problématiques.

La médication en complément du travail psychologique

Dans certains cas, un traitement médicamenteux peut être proposé en complément de la psychothérapie afin de soulager les troubles associés (comme l’anxiété ou la dépression). Néanmoins, il convient de souligner que la médication seule ne sera pas suffisante pour résoudre le problème de fond qui réside dans la personnalité du mythomane.