Mangez en pleine conscience

Mangez en pleine conscience

Mangez moins, savourez plus ! Selon une étude récente, le plaisir a un effet positif sur notre comportement alimentaire. Des portions plus petites entrainent un sentiment de satisfaction plus intense. Et les choix basés sur le plaisir s’avèrent même plus bénéfiques que ceux basés sur des critères de santé.

La première bouchée d’un mets savoureux est celle qui donne le plus de plaisir. C’est là que le goût raffiné du chocolat est le plus puissant, que la sensation de la glace qui fond sur la langue est la plus intense. Les bouchées suivantes, même si elles restent délicieuses, contribuent moins à notre appréciation de l’aliment. Voilà un processus que nous connaissons tous, sans en être toujours conscients : c’est la loi de “l’intensité décroissante des besoins” – plus un plaisir se prolonge, plus il décroît. En mangeant trop, on finit par ne garder d’un repas, même le plus délicieux, qu’un souvenir médiocre. Il s’agit donc de trouver la portion optimale. Ce qui est difficile, car lorsqu’on déguste un aliment qu’on aime, on a du mal à repousser son assiette avant de l’avoir vidée.

La portion optimale

Des chercheurs du laboratoire de sciences comportementales de l’INSEAD ont apporté des éléments de réponse à la question de la portion optimale grâce à une série d’expériences menées avec des enfants et des adultes en France et aux États-Unis. Deux groupes de participants devaient choisir entre des brownies de taille différente. Avant la dégustation, le premier groupe devait s’imaginer – en utilisant tous ses sens – le plaisir de goûter ce dessert : le bruit de la croûte qui se brise, l’odeur sucrée du gâteau, la sensation du chocolat qui fond dans la bouche. L’autre groupe devait également imaginer différentes sensations, mais en se concentrant sur des phénomènes dans la nature : la sensation du vent dans les cheveux, la chaleur du soleil sur la peau.

Le résultat ? Les participants du premier groupe, qui s’étaient préparés à déguster la nourriture, ont choisi des portions plus petites que ceux du deuxième groupe. Ils se sont également estimés plus satisfaits et auraient été prêts à dépenser plus d’argent pour leurs petites portions que les participants du deuxième groupe pour les portions plus grandes. L’explication ? En nous concentrant sur les sensations à venir avant de manger, nous rappelons à notre cerveau la loi du plaisir décroissant, qui nous dit qu’une petite portion fournit la quantité optimale de plaisir.

Tout à fait satisfaits

Les résultats de cette expérience ont ensuite été comparés avec ceux d’un groupe témoin, dont les participants avaient choisi les portions qui leur semblaient les plus saines – là aussi de petites portions. Mais avec une différence significative : les participants de ce troisième groupe sont repartis avec l’impression d’avoir dû faire un sacrifice. Ils étaient insatisfaits et auraient aimé manger plus de brownies. Au contraire, les participants ayant choisi les petites portions sur la base de leur anticipation du plaisir ressenti se sentaient tout à fait satisfaits et repus.

En d’autres termes : celui qui choisit de petites portions parce qu’il est capable de les savourer est plus heureux que celui qui se retient par peur de nuire à sa santé. Cette conclusion rejoint ce que nous savions déjà : savourer a des effets positifs sur notre comportement alimentaire. Lorsqu’on savoure ce qu’on mange, l’organisme signale au cerveau qu’on a assez mangé, ce qui entraîne une sensation de satisfaction et de détente.

Texte : Rita Zeelenberg // Photo : Corbis

Sources :  P. Chandon, “How focusing on the pleasure of eating can reduce obesity”, INSEAD Knowledge, 2015 / m. David, “The metabolic power of pleasure”, Institute for the Psychology of Eating, 2014

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