Psychologie

Comprendre la dissonance cognitive : définition et mécanismes

Dans le domaine de la psychologie sociale, la dissonance cognitive est un concept qui fait référence à un état de tension psychologique lié à la confrontation simultanée d’éléments cognitifs contradictoires. Un déséquilibre se crée, générant inconfort et désagréable pour l’individu. Mais comment se manifeste la dissonance cognitive ? Quels sont les mécanismes mis en oeuvre par notre cerveau face à cette situation particulière ? Nos réponses vous aideront à mieux comprendre ce phénomène et ses implications sur notre comportement quotidien.

  • La dissonance cognitive est une théorie majeure de la psychologie sociale qui influence aussi les sciences humaines et sociales.
  • Léon Festinger est l’auteur de la théorie de la dissonance cognitive, proposée en 1957.
  • La dissonance cognitive survient lorsqu’il y a une contradiction entre les attitudes, croyances ou comportements d’une personne.
  • Cette dissonance crée une tension psychologique que les individus cherchent à diminuer pour rétablir un équilibre interne.
  • Les moyens de réduction de la dissonance incluent le changement de comportement, la rationalisation cognitive, et la trivialisation.
  • Le déni des informations contradictoires est une autre stratégie utilisée pour réduire la dissonance.
  • La théorie explique également que la dissonance peut émerger après des choix difficiles ou lorsque l’image de soi est menacée.
  • Les stratégies de réduction de la dissonance ne sont pas toujours efficaces, et les individus peuvent continuer à vivre avec un inconfort psychologique.

Dissonance cognitive, definition et éléments théoriques

Le concept de dissonance cognitive a été développé par Leon Festinger dans son ouvrage “A Theory of Cognitive Dissonance”, paru en 1957. L’auteur part du constat qu’en tant qu’êtres humains, nous cherchons naturellement à conserver un certain équilibre psychologique. Ainsi, lorsque nos pensées, croyances, attitudes ou comportements entrent en contradiction, cela entraîne une sensation de malaise que nous cherchons à résoudre. Cette tension résultante est appelée dissonance cognitive.

Mise en situation

Prenons un exemple concret. Un fumeur, conscient des dangers du tabac pour sa santé, continue tout de même à fumer régulièrement. Ce dernier est donc confronté à une dissonance cognitive liée à la divergence entre sa croyance (le tabac est nocif) et son comportement (fumer). Pour réduire cette tension, il peut opter pour différentes solutions : rationaliser sa consommation de cigarettes, se convaincre du bien-être que lui procure le tabac ou encore minimiser les risques encourus sur sa santé.

Mécanismes de résolution de la dissonance cognitive

Le cerveau humain dispose de plusieurs stratégies pour faire face à la dissonance cognitive. Ainsi, trois mécanismes principaux peuvent être mobilisés dans le but de restaurer un équilibre psychologique :

Changement d’attitude ou de comportement

Premièrement, l’individu peut opter pour une modification de son attitude ou de son comportement. Dans notre exemple précédent, cela reviendrait, soit, à changer son opinion sur l’usage du tabac, soit à arrêter de fumer. Cette option pourrait engendrer des effets positifs, tels qu’une amélioration de l’état de santé ou une meilleure adéquation entre les convictions et les actions quotidiennes.

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Justification par ajout d’éléments cognitifs

Ensuite, la personne confrontée à la dissonance cognitive peut chercher à rajouter des éléments cognitifs afin de justifier son comportement. Toujours en reprenant l’exemple du fumeur, celui-ci pourrait, par exemple, mettre en avant la convivialité des pauses cigarettes entre collègues ou encore les moments de détente que lui procure sa cigarette après un repas. De cette manière, il pallierait l’inconfort ressenti en trouvant des raisons supplémentaires pour maintenir son comportement.

Minimisation de la dissonance

Enfin, un troisième mécanisme consiste à minimiser l’importance de la dissonance rencontrée. Ainsi, dans cet exemple, le fumeur pourrait se convaincre que les risques liés à la consommation de tabac sont mineurs par rapport aux avantages qu’il en retire, ou encore considérer que sa dépendance est trop faible pour mettre réellement en danger sa santé. Cette stratégie permet de réduire l’écart entre les deux éléments contradictoires sans avoir à modifier ni ses croyances ni ses comportements.

Implications et conséquences de la dissonance cognitive

La dissonance cognitive peut engendrer diverses conséquences sur notre vie quotidienne, allant de l’influence sur nos choix et décisions à la rationalisation de nos comportements socialement inappropriés.

Influence sur les choix et décisions

Face à une situation d’inconfort psychologique liée à la dissonance cognitive, notre cerveau met tout en oeuvre pour rétablir un équilibre mental. Cela a pour effet de rendre nos choix et décisions moins objectifs, voire irrationnels, puisque nous cherchons avant tout à éviter ou réduire cette sensation désagréable plutôt qu’à confronter la réalité avec honnêteté intellectuelle.

Rationalisation de comportements inappropriés

La dissonance cognitive peut aussi nous pousser à rationaliser des comportements qui vont à l’encontre de nos valeurs. Par exemple, une personne ayant commis un acte répréhensible pourrait tenter de minimiser la gravité de son action ou inventer des circonstances atténuantes pour se disculper mentalement et ainsi éviter d’affronter les conséquences morales liées à ses agissements.

En somme, connaître et comprendre les mécanismes de la dissonance cognitive est essentiel pour gérer au mieux sa vie émotionnelle et interpersonnelle. Prendre conscience de ce phénomène permet en effet de décrypter les processus sous-jacents qui motivent nos actions et opinions, et ainsi adopter un comportement plus cohérent avec nos principes et convictions profondes.