Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, la distribution de tous les superlatifs

Il y a des films qui entrent dans la culture populaire française et n’en ressortent plus. Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, sorti en janvier 2002 sous la direction d’Alain Chabat, est de ceux-là. Vingt ans après, les répliques se récitent encore par cœur, les scènes s’affichent en gif, et le film ressort en version restaurée 4K comme si le temps n’avait aucune prise sur lui. Derrière ce phénomène, il y a une distribution absolument folle, un casting de rêve qui réunit en un seul film une bonne partie du meilleur de la comédie française des années 2000. Tour d’horizon des visages qui ont fait de ce film une légende.

Christian Clavier en Astérix

Le petit guerrier à la moustache blonde, c’est lui. Christian Clavier reprend le rôle qu’il avait déjà endossé dans le premier film, et il le fait avec cette précision comique qui est sa marque de fabrique. Fin, malin, légèrement condescendant avec les Romains : son Astérix est exactement ce qu’on attendait, fidèle à la bande dessinée sans jamais en être prisonnier.

Gérard Depardieu en Obélix

Massif, touchant, affamé de sangliers. Gérard Depardieu est Obélix comme s’il était né pour ce rôle. Sa naïveté calculée, son enthousiasme débordant, sa façon de trouver les Romains « pas très forts » : chaque apparition est un moment. Il forme avec Christian Clavier un duo dont la mécanique comique tourne à la perfection.

Jamel Debbouze en Numérobis

La révélation du film, sans conteste. Jamel Debbouze joue l’architecte égyptien avec une énergie et un charisme qui volent littéralement la vedette à tout le reste. Son personnage, nerveux, drôle, débordant d’idées et de panique, est devenu l’un des plus mémorables de toute la saga. « C’est quoi ce bordel ? » reste l’une des répliques les plus citées du cinéma comique français de cette décennie.

Monica Bellucci en Cléopâtre

Somptueuse, souveraine, absolument irrésistible. Monica Bellucci campe une Cléopâtre qui joue sur tous les registres : séduction, autorité, caprice royal. Elle apporte au film une dimension visuelle et une présence qui tranchent avec la tonalité burlesque de l’ensemble, et c’est exactement ce qui rend son personnage si inoubliable.

Alain Chabat en Jules César

Réalisateur du film et acteur dedans : le double pari d’Alain Chabat. Son César est flegmatique, légèrement absurde, d’une arrogance très française. Il joue avec le mythe sans le démolir, et ses scènes avec Monica Bellucci ont cette tension comique parfaitement dosée qui distingue les grands films de comédie des bons.

Claude Rich en Panoramix

Sagesse, bienveillance et menhirs de potion magique. Claude Rich prête à Panoramix une dignité naturelle et une douceur d’acteur accompli. Son druide est celui de la bande dessinée, avec ce supplément d’âme que seul un comédien de cette trempe peut apporter.

Gérard Darmon en Amonbofis

Le méchant de service, et quel méchant. Gérard Darmon joue l’architecte rival avec une malice de tous les instants, une façon de sourire qui signifie toujours le contraire de ce qu’il dit. Son Amonbofis est drôle précisément parce qu’il se prend au sérieux, et Darmon maîtrise cet équilibre à la perfection.

Édouard Baer en Otis

Poète, philosophe, esclave de César qui semble prendre la situation avec une philosophie déconcertante. Édouard Baer apporte à son personnage une légèreté intellectuelle et un humour absurde très personnel. Ses apartes sont parmi les moments les plus savoureux du film.

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Dieudonné en Caius Céplus

Le centurion qui n’a vraiment pas de chance. Dieudonné joue Caius Céplus avec une énergie comique débordante et une capacité à encaisser les coups, physiques comme symboliques, qui fait de chacune de ses scènes un morceau de bravoure burlesque.

Isabelle Nanty en Itinéris

Petit rôle, grand souvenir. Isabelle Nanty joue Itinéris, la marchande ambulante dont le nom est un clin d’œil appuyé à l’opérateur téléphonique de l’époque. Elle traverse le film avec cette drôlerie naturelle qui lui appartient, et sa présence est l’un des nombreux plaisirs cachés du casting.

Jean Benguigui en Malococsis

Architecte complotiste, nerveux, jamais fiable. Jean Benguigui campe Malococsis avec une truculence qui lui va comme un gant. Son personnage est au cœur des intrigues qui menacent le chantier de Numérobis, et il les joue avec un plaisir communicatif.

Marina Foïs en Sucettalanis

Femme de Numérobis, complice affectueuse et observatrice lucide du chaos ambiant. Marina Foïs apporte à son personnage cette économie de jeu qui dit tout en peu de mots, et qui contraste joliment avec l’agitation de son mari fictif.

Noémie Lenoir en Guimieukis

Beauté solaire et présence lumineuse au milieu des pyramides. Noémie Lenoir, alors au sommet de sa notoriété, campe Guimieukis avec une grâce naturelle. Son personnage est moins dense que les autres, mais son impact visuel est indéniable dans l’économie esthétique du film.

Bernard Farcy en Barbe-Rouge

Le capitaine pirate de service, fidèle à la tradition des albums, et Bernard Farcy l’incarne avec un abattage réjouissant. Ses scènes en mer sont parmi les plus délirantes du film, portées par une énergie de troupe qui rappelle les meilleures heures du cinéma comique à sketches.

Les caméos qui font le sel du film

C’est l’une des joies secrètes de Mission Cléopâtre : la liste des apparitions surprises est vertigineuse. Jean-Pierre Bacri en commentateur, Mathieu Kassovitz en physionomiste, Chantal Lauby en Cartapus, Emma de Caunes en secrétaire de César, Claude Berri en portraitiste, Jean-Paul Rouve, Pierre-François Martin-Laval, Maurice Barthélémy — le tout Paris comique de l’époque s’est glissé dans le film, qui se regarde aussi comme un jeu de piste. Et pour les plus attentifs : Omar Sy et Fred Testot y apparaissent dans une scène coupée, en peintres. Une anecdote qui dit beaucoup sur l’époque et sur les carrières que le cinéma français n’avait pas encore vues venir.

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