| Publié le 24 octobre 2017

Peut-on apprendre à sentir les odeurs et à détecter les saveurs ?

Peut-on apprendre à sentir les odeurs et à détecter les saveurs ?

4 min de lecture Absolument ! C’est une question de pratique, pour l’odorat comme pour le goût – car percevoir un goût est avant tout une question d’odeur.

Notre langue ne détecte que cinq ou six saveurs différentes. Le reste est surtout une question de perception olfactive. Les substances odorantes perçues par le nez sont analysées juste derrière lui, dans le bulbe olfactif. On devient alors conscient de ces odeurs au niveau du cortex piriforme, puis des pensées précises se forment dans le lobe frontal : « Qu’est-ce que je sens ? », « Est-ce une odeur agréable ? » C’est une question d’entraînement. Qui ne se souvient pas de sa première gorgée de vin, du choc de ce goût aigre ?
À chaque nouvelle gorgée, avalée avec attention, de nouvelles connexions se forment dans le cerveau, et on détecte de plus en plus de nuances. Plus on teste d’odeurs et de goûts différents, et mieux on les discerne. Au printemps 2007, des chercheurs de l’université de Californie à Berkeley ont mené l’expérience suivante : les participants devaient traverser un pré les yeux bandés, en se laissant guider par une odeur de chocolat. Pas facile, avec les odeurs distrayantes d’herbe et de fleurs sauvages. Mais plus les participants s’exerçaient, et mieux ils y arrivaient. On apprend surtout à sentir en le faisant avec attention. C’est la conclusion d’une autre étude, menée à l’université de Sydney. Les participants devaient reconnaître le goût d’un vin, parmi trois choix. Ils s’en sortaient mieux lorsqu’ils étaient encouragés à décrire à voix haute le goût de ce vin particulier. Un conseil pour développer votre odorat et votre goût : à table, parlez du repas que vous êtes en train de savourer plutôt que de la pluie et du beau temps !

Pourquoi est-ce que je passe mes soirées à regarder la télé et à surfer sans but sur Internet ?

Cela fait des années que des chercheurs américains analysent la fréquence d’utilisation d’Internet le lundi après le passage à l’heure d’été, lorsque tout le monde est fatigué. Ce jour-là, la visite des sites de divertissement est systématiquement 6 % plus élevée que le lundi suivant. Que ce soit  au bureau ou à la maison. Heureusement, il est possible de combattre cette tendance ! On peut développer la capacité du cortex préfrontal à contrôler les impulsions en se donnant des buts précis. Par exemple : « Après les informations de 20 h, j’éteins la télé. » Les personnes qui pratiquent régulièrement ce type d’entraînement parviennent ensuite à mieux se contrôler quand elles sont fatiguées. Leur cortex préfrontal fonctionne et communique mieux, ce qui réduit l’influence de la fatigue sur leur comportement.Quand on est fatigué, le cortex préfrontal, chargé de réguler le comportement et de mettre un terme aux activités oisives, est moins actif. Le soir, ses messages se font moins pressants, et sont donc plus facilement ignorés par le reste du cerveau. Celui-ci se met en pilote automatique, et on se sent léthargique. On pense : « Il faudrait que j’aille faire la lessive », mais on reste affalé devant son écran.

Sources :  A. Hughson e.a., “Perceptual and cognitive aspects of wine expertise”, Australian Journal of Psychology, 2001 / J. Porter, e.a., “Mechanisms of scent tracking in humans”, Nature Neuroscience, 2007. Le journaliste scientifique Mark Mieras  décrypte notre cerveau / Illustration Julia Perrin.

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