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Une étude révèle que les fake-news modifient nos souvenirs.

La mémoire : un terrain fertile pour la désinformation

Au cœur de notre ère numérique, le spectre de la désinformation ne cesse de s’élargir, influençant non seulement notre perception de la réalité mais aussi nos relations interpersonnelles, tout en creusant les divisions au sein de la société.

Une récente publication dans la revue Mémoire lève le voile sur un phénomène des plus troublants : la désinformation en ligne pourrait déformer nos souvenirs d’événements vécus, altérant non seulement notre compréhension du présent mais aussi notre mémoire du passé.

  • Les fake-news peuvent modifier nos souvenirs des événements réels.
  • Une étude de la revue Mémoire montre que la désinformation en ligne affecte notre mémoire, en particulier les détails périphériques d’un événement.
  • Notre mémoire est plus vulnérable aux modifications des informations périphériques que des informations centrales.
  • Les facteurs tels que le ton émotionnel et la cohérence logique des reportages influencent notre perception de la véracité des informations.
  • Les participants à l’étude étaient plus susceptibles d’accepter comme vraies les fausses informations périphériques que les informations centrales.
  • La création de faux souvenirs est facilitée après l’exposition à des informations erronées en ligne, suite à un événement réel.

Le dédale de la mémoire face à la désinformation

Pilotée par Qi Wang, professeure émérite de psychologie et sciences cognitives à l’Université Cornell, cette étude se penche sur la fragilité de notre mémoire, confrontée à deux catégories d’informations relatives à un événement : les informations « centrales », qui concernent l’essence même de l’événement, et les informations « périphériques », qui se rapportent aux détails secondaires.

Il en ressort que notre mémoire est bien plus vulnérable aux assauts de la désinformation lorsqu’il s’agit des éléments périphériques. La crédibilité accordée à une information, expliquent-ils, est fortement influencée par des facteurs tels que le ton émotionnel ou encore la cohérence logique des récits dans lesquels nous baignons.

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Quand le faux prend le masque du vrai

Dans le cadre de leurs expériences, les participants se sont vu présenter des GIFs illustrant des fragments de vie quotidienne, suivis de tweets simulés mêlant des vérités à des mensonges, tant sur les aspects centraux que périphériques des scènes observées.

Les résultats sont édifiants : face à une désinformation touchant les éléments périphériques, les personnes étaient nettement plus enclines à intégrer les faussetés comme des vérités, par rapport aux informations se concentrant sur le cœur de l’événement. La propension à confondre le faux avec le vrai s’accroissait si les fausses informations avaient déjà été rencontrées.

La désinformation en ligne : un leurre pour la mémoire

Cette vulnérabilité accrue aux erreurs sur les détails périphériques dévoile à quel point notre perception peut être aisément distordue par la désinformation en ligne, favorisant l’émergence de souvenirs factices.

La conséquence est sans appel : après avoir vécu ou assisté à un événement, le risque de voir notre mémoire corrompue par des informations fallacieuses rencontrées ultérieurement en ligne s’élève dramatiquement, semant ainsi le doute sur la fiabilité de nos propres souvenirs.