| Publié le 28 janvier 2019

Anne Cazaubon : « Éclaircissement »

Anne Cazaubon : « Éclaircissement »

3 min de lecture Peut-être que c’est pour cela que l’on parcourt des kilomètres, au fond.

Rien que pour cela. Pour venir cueillir le fruit de l’errance. Pour se laisser murmurer à l’oreille le message qu’elle porte pour chacun. Parfois, c’est en silence, le nez contre la vitre d’un train qui roule, qu’elle vient tranquillement nous murmurer à l’oreille, tout bas, ce que l’on sait, et ce que l’on tait, au fond. Et puis de temps en temps, lors d’un jour de chance, le voisin de strapontin ne dort pas, la voisine de cabine éteint son ordinateur, et là s’ouvre une discussion en suspens, entre deux eaux, entre deux gares, entre deux états… d’âme.

Quelques mots en transition, impossibles à géolocaliser, et pourtant quelques mots guérisseurs, l’air de rien.

Comme si l’on venait chercher un message que ce partenaire d’itinérance détenait pour nous. Comme si notre conversation nous menait dans un dédale dont, l’un et l’autre, nous allions sortir un peu plus éclairés. En ces temps hivernaux où la lumière diminue, où le jour tombe à l’heure du goûter et où mes plantes vertes font grise mine me reviennent les paroles de ce jeune apprenti électricien avec lequel j’avais partagé l’accoudoir d’un Bordeaux-Paris. Sans la providence et les heureux hasards d’une billetterie électronique, je n’aurais jamais eu l’occasion d’échanger avec ce jeune homme à la mine hirsute, féru de physique-chimie et aux antipodes de tout ce que je suis.

Je lui confie mes souvenirs de piètres résultats en la matière, mais le jeune homme passionné (et passionnant) ne se laisse pas déstabiliser. Il se met en tête de me réconcilier avec les interrupteurs et les courants alternatifs tout en me transmettant quelques tranches de son savoir. À l’époque, je traverse une période sombre, mais sa fraîcheur, son enthousiasme, ses ampères, ses volts et ses watts m’extraient de ma pénombre intérieure. Il attrape un bout de papier et se met à griffonner ce qui fut ma “bête noire” pendant des années aux contrôles de physique : un schéma de circuit électrique !

C’est cet instant qu’il choisit pour se faire le messager de la phrase que j’avais visiblement besoin d’entendre à ce moment-là. Comme une clé que j’étais venue chercher, sans le savoir, pour me délivrer. Comme s’il était venu de très loin pour me rappeler l’essentiel :

— Vous savez, Madame, il ne faut pas oublier qu’une lumière, c’est une résistance qui s’éclaire !  //

Anne Cazaubon est journaliste spécialisée dans le développement personnel. Conférencière, auteure et artiste, elle transmet au plus grand nombre ses antidotes à la morosité ! 
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