| Publié le 17 janvier 2020

En chantier

En chantier

3 min de lecture C’est sans crier gare que tout a commencé. Par un petit mot griffonné et punaisé dans la cage d’escalier. On nous y annonçait prochainement le ravalement de façade de l’immeuble.En moins de temps qu’il n’en fallait pour le lire, mon havre de paix disparut sous un épais nuage de plâtre et de poussière !

Dans la foulée, deux pelleteuses s’installèrent sous mes fenêtres, me réservant quelques tête-à-tête savoureux avec un marteau-piqueur. Enfin, pour achever définitivement ma tranquillité, l’appartement d’à côté fut vendu et, comme souvent dans ces cas-là, on décida d’y abattre les cloisons et de tout casser pour mieux reconstruire.

En moins d’une semaine, mon environnement se transforma en un gigantesque capharnaüm où le port du casque devenait obligatoire. Du matin au soir, les murs du salon tremblaient. Littéralement.

Le silence quasi religieux de mes journées passées à écrire avait fait place à un concert de cris d’ouvriers. À vrai dire, on distinguait vaguement leurs voix étouffées par une symphonie de marteaux, de perceuses et de chutes de plaques de métal. Bienvenue en enfer !

Même les charmantes tomettes dans l’entrée de l’immeuble – celles qui avaient fini, l’an dernier, par me décider à vivre dans cet endroit – avaient disparu sous les poubelles, désormais échouées là.

L’attaque était frontale, globale… multilatérale !

Une refonte générale de mon extérieur. Quant au dedans, je m’y sentais prise au piège : recroquevillée en position fœtale sur mon lit, les mains sur les oreilles, je sanglotais de fatigue, en implorant tous les saints que ce vacarme cesse.

C’est ce moment qu’a choisi l’un des ouvriers pour marteler le mur extérieur de ma chambre à l’aide d’une barre métallique. Dzing ! Dzing ! Dzing ! Le mouvement était répétitif et l’homme en avait visiblement pour un bon moment. C’était tellement cocasse, digne d’une comédie américaine ! Tout mon être s’abandonna alors à une émotion hybride, à mi-chemin entre un immense fou rire nerveux et une crise de larmes compulsive.

Le brouillard de poussière se dissipait enfin autour de moi. Si je tendais véritablement l’oreille, c’est la vie qui toquait à ma porte, qui s’impatientait. On venait me chercher. On venait me dire que j’étais prête à sortir de ma tanière. Qu’il était plus que temps d’oser être. Que l’eau dans la clepsydre s’était écoulée et qu’il me fallait sortir avec la clé que j’avais enfin trouvée !

C’est ainsi qu’est venue l’inspiration d’un nouveau mantra, rien que pour moi : « Je suis enchantée d’être en chantier ! »

Ces travaux annonçaient bel et bien de gigantesques changements. Ils étaient déjà à l’origine de grands mouvements extérieurs et donc intérieurs. C’était désormais à mon tour de mettre du cœur à l’ouvrage pour déployer ce que j’avais à offrir au monde. //

Anne Cazaubon est auteure, conférencière, coach et artiste. Elle écrit et intervient sur des sujets liés à l’épanouissement personnel et professionnel, au changement de vie, à la créativité et à l’expression de soi. www.annecazaubon.com

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