| Publié le 7 février 2019

Les femmes à l’écoute, au travail comme à la maison

Les femmes à l’écoute, au travail comme à la maison

3 min de lecture La sociologue Lieke ten Brummelhuis a demandé à 24 couples et 64 paires de collègues de tenir un journal de bord de leur vie à la maison et au travail. Sa conclusion ? Les femmes et les hommes réagissent très différemment aux événements, qu’ils soient stressants ou agréables.

Qu’ont révélé les journaux de bord sur la vie des hommes et des femmes ?

Il s’agit surtout de révélations d’ordre émotionnel. À la fin de leur journée de travail, les participants devaient répondre à quelques questions sur le déroulement de cette journée : avez-vous été confronté à des clients difficiles, à des deadlines stressantes, à des discussions contrariantes ? avez-vous pu vous confier à votre collègue ? Ils répondaient ensuite à une deuxième série de questions, juste avant de se coucher, pour décrire la soirée passée chez eux : avez-vous prêté une oreille attentive à votre compagnon ou compagne ? avez-vous pu vous confier à lui ou à elle, vous aussi ?

Et donc ? Les hommes et les femmes réagissent-ils différemment à une journée de travail difficile ?

Absolument. Quand les hommes rentrent à la maison à la fin d’une telle journée, ils se replient sur eux-mêmes. Leur femme dit alors avoir reçu peu de soutien émotionnel. Quant aux femmes, elles continuent de se montrer attentives aux autres, même après une journée stressante : leur mari affirme systématiquement avoir reçu le soutien dont il avait besoin.

Qu’en est-il des journées agréables ?

Les femmes cherchent alors à transmettre leur plaisir – bien plus que les hommes. Elles sont capables d’influencer la famille entière, et de lui transmettre toute l’énergie positive accumulée pendant la journée. Ainsi, elles encouragent aussi leur compagnon à être plus ouvert.

Cela fonctionne-t-il aussi dans le sens inverse, du domicile au travail ?

C’est ce que nous avons vérifié lors d’une seconde étude. Arrivées sur leur lieu de travail, les paires de collègues décrivaient dans leur journal le début de la journée puis, le soir venu, le déroulement de la journée de travail. Nous avons ensuite comparé les journaux de bord et découvert que les résultats étaient exactement les mêmes que pour la première étude : les femmes restaient attentives à leur collègue, même si leur journée avait mal commencé, tandis que les hommes, eux, étaient émotionnellement moins disponibles. En revanche, quand la journée avait bien commencé, les femmes emportaient cette bonne humeur sur leur lieu de travail, et réussissaient ainsi à améliorer la qualité de travail de toute l’équipe.

Cela veut-il dire que lorsque les choses vont mal, les hommes savent mieux prendre soin d’eux-mêmes ?

C’est une des conclusions qu’on pourrait tirer. Car être disponible pour tout le monde, ça finit par être épuisant. Mais en même temps, le fait de se replier sur soi-même est-il vraiment la bonne solution ? Ou vaut-il mieux se confier à quelqu’un ? Une autre explication : cela fait des dizaines de milliers d’années qu’on attend des femmes qu’elles prennent soin des autres, et qu’elles soient émotionnellement disponibles.

“How role jugglers maintain relationships at home and at work: a gender comparison”, Journal of Applied Psychology, juillet 2018.
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